dimanche 13 février 2011

JOURNÉE D’ORDI

Pas de nouvelles de Denis aujourd’hui. Pas de réponse au téléphone non plus. Je prends donc ça cool. Je passe l’avant-midi à vérifier et répondre à mes courriels et mon blogue. J’ai averti le maid qu’il y a plein de fourmis dans ma chambre. Il dit que c’est ok il s’en est occupé.
Au début de l’après-midi, il fait trop chaud pour marcher, je prends un jeepney pour faire une visite au centre d’achat GAISANO afin de m’acheter un parapluie 96 pesos (2,25$) et une tapette à mouches électrique. J’en profite pour manger une pizza chez Greenwich. Une pizza peperonni/fromage c’est simple non ? Comment ont-ils fait pour glisser plein d’oignons en dessous. Faut croire que les oignons font parti de la base de la pizza comme la pâte et la sauce qui sait ?
Après mon retour à l’hôtel j’écris ces lignes pendant qu’il pleut à boire debout. Afin de mettre un peu de couleur je prends un gin avec du Sprite. Avant de mettre le Sprite dans le verre je prends une gorgée à même la bouteille. Ben je me suis fait mordre par une fourmi. Faut croire qu’il y en a encore. Ces satanées bestioles sont partout. J’ai décidé de leur déclarer la guerre encore une fois. La tapette à mouches électrique que j’ai achetée est supposée tuer même ce qui est sur un mur alors je la passe partout par terre où il y a des fourmis et je vous jure que ça fait des flammèches. Ça sent même le brûlé. C’est un vrai massacre. Il y a des fourmis mortes partout. Pas mal efficace la petite tapette. Quand je pèse sur le bouton ça fait des interférences dans la télé. J’me demande si je ne pourrais pas faire cuire un steak haché là-dessus. Ça serait un steak au jus de fourmis, de mouches et de maringouins.
Ah oui, tel que prévu j’ai recommencé à prendre mon produit pour aller vous savez où. Ça fait déjà deux. Aujourd’hui je n’en prends pas, demain j’en prends, ensuite deux jours de congé et finalement le dernier sachet. Je ne veux pas créer d’habitudes je veux juste faire un bon drainage et nettoyer les tuyaux.
Pour souper je me lance dehors. Je n’ai pas vraiment faim. Je décide donc de prendre deux Tanduay Ice et de manger des chips dans ma chambre. En achetant les nectars je rencontre Roel, un étudiant en droit. Il a des manières alors je lui demande s’il est gai et il m’assure que non. Il m’invite à leur table. Tous des étudiants en droit. C’est Samedi soir. Il y a eu des élections à l’Université aujourd’hui et Roel était candidat pour le poste de « Public Information Officer ». Il n’a pas gagné. Il est en train de noyer son chagrin avec des collègues. Ils sont étudiants à temps partiel et sont à l’école pour cinq ans pendant qu’ils travaillent. Y’en a un qui est policier ici à Iligan City. Les autres je n’ai pas compris. Je leur paye deux grosses bières Red Horse. Roel veut me présenter une fille alors je lui ai donné mon courriel pour qu’il m’envoie sa photo.
Ils s’en vont dans un club de nuit mais moi je monte dans ma chambre terminer ces lignes. Je ne peux publier aujourd’hui car le lobby est infesté de « marines » en bal de graduation. Allez … au dodo.
Le soleil se lève sur Ozamiz.

FRÉDÉRIC ET RUBY

On est déjà vendredi le 11 février. Après une grasse matinée Denis vient me rejoindre à l’hôtel. Il faut faire l’épicerie car ce soir, c’est nous qui préparons le repas. On va donc à la boucherie pour acheter des steaks. Pas de steaks !!! Si on en veut il faut venir Dimanche entre 9h00 et 12h30. Ça m’insulte. Même sur les menus des restaurants il y a des mets qui ne sont pas disponibles. « Not available ». Ils sont drôles parce qu’ils prononcent « abélébolle » comme une bolle de toilette. « It is not abélébolle ».
On va donc au Gaisano pour acheter on ne sait quoi. Dans la section des viandes c’est infernal. L’odeur qui s’en dégage est insupportable et on a vite fait le tour pour en sortir. Qu’est-ce qu’on pourrait bien manger ? … une salade hehe. He oui encore. Deux paquets de bacon, des carottes, de la salade, du brocoli, une douzaine d’œufs, des échalottes, etc… Je voulais faire un plat de crudités mais la trempette y’a pas ça ici.
Les femmes préparent le repas hehe. Denis et moi on discute avec Frédéric. C’est un Suédois qui est capitaine de bateau. Il a un équipage d’environ 22 marins divisés en Norvégiens, Suédois et Philippins. Ils essayent d’avoir le plus possible de Philippins parce qu’ils coûtent moins cher. Il transporte principalement des automobiles provenant généralement du Japon. Il travaille sur un « shift » de 10 semaines de travail et 10 semaines de congé.
On peut les voir en arrière-plan lors du pique-nique.
Il a 40 ans et est en instance de divorce. Il est tombé en amour avec Ruby la jeune sœur de Paz. Très sympathique je crois que Denis aura du plaisir avec lui. S’ils se marient avant le premier juin, Denis m’a délégué pour le représenter au mariage. Quelle délicate attention.
On est maintenant tous fatigués alors, après avoir mangé notre excellente salade et bu du vin blanc, John John vient me reconduire à l’hôtel. Je lui donne 500 pesos soit plus que la moitié de son billet de bateau car il faut qu’il aille chercher sa femme à Cebu en fin de semaine.

PIQUE-NIQUE À MIDWAY

Le mini-van arrive, on est 26 dedans. Quatre en avant, trois debout sur le pare-choc en arrière et 19 à l’intérieur. Le chauffeur est aussi cinglé que les autres. Denis me fait remarquer qu’il y a plein de leds allumés dans le tableau de bord mais ça n’a pas l’air de fatiguer le chauffeur plus qu’il faut. Ça fait des couleurs jaunes et rouges, c’est plus attrayant. En plus il y a un lousse d’environ un quart de tour sur le volant mais, pas de problèmes, on dépasse avec ça. Pendant la randonnée on se fait doubler par une auto et un autobus. La réaction de Denis : « Y’en a des plus fous que nous autres ».
Le dîner a été préparé et payé par Frédéric, le nouveau venu (Welcome Frédéric !). On lui remboursera plus tard car on est trois à payer pour les 26. Denis est très sollicité. « Denis ça prend de la liqueur », « Denis il faut de la bière », « Denis l’entrée est de 25 pesos par personne », « Denis la table c’est 110 pesos », etc… On fera les comptes demain. Moi, j’ai vidé deux dépanneurs qui avaient de la Tanduay Ice froide soit, dix en tout.
On arrive à la plage de Midway. Ils appellent ça comme ça parce que, semble-t-il, c’est à moitié chemin entre Iligan City et Cagayan de Oro. La plage est très belle et, après le dîner et quelques bouteilles, on s’en va dans la mer. C’est ma première vraie saucette depuis mon arrivée aux Philippines.
Dans le minivan on est 26 pour aller au pique-nique. Il y a encore
de la place.

Il y a toujours plein de bouffe. Du poulet, du poisson, du riz, etc...
En plus du droit d'entrée il faut aussi payer le kiosque.

C'est pas Cuba mais c'est ce que j'ai vu de mieux à date.
 Pendant la baignade John John vient nous rejoindre dans l’eau. Denis lui demande d’apporter de la bière avec lui. Il part mais ne revient pas. Je vais donc chercher deux Taduay Ice qu’on commence à siroter. John John revient finalement avec trois bières ouvertes. Pas le choix, faut les prendre. On se retrouve donc dans le milieu de l’océan avec les mains en l’air une avec une Tanduay Ice et l’autre avec une bière. Pas question que nos liquides se mettent à goûter salé. Pour ajouter à l’ambiance on se met à chanter. Et on n’était même pas chauds imaginez.
En général quand Denis et moi on entre quelque part on prend le contrôle de la place. On n’est pas gêné comme eux. Paz nous traite de clowns quand on est ensemble. Je ne vous ai pas conté quand on était avec le cousin Bertrand on chantait à tue tête « frère Jacques » en canon dans les transports publics hehe. Ça faisait rire les  locaux.

ENTRE OZAMIZ ET ILIGAN

Après le départ d’Ozamiz j’ai quand même eu le temps de voir des poissons marcher sur l’eau. Des poissons d’environ 12 pouces sortent de l’eau et font des bonds sur le ventre pour se relever. Ensuite c’est comme s’ils marchaient sur l’eau en bougeant leur queue très rapidement. Ensuite sur le ventre puis sur la queue et ce, plusieurs fois. Un peu à la façon des dauphins lorsqu’ils se promènent debout mais beaucoup plus vite. J’ai pris des photos et une vidéo mais on ne voit pas bien. Je me suis recouché après jusqu'à l'appel pour le débarquement.
Pendant les manœuvres d’accostage à Iligan il y a des nageurs tout le tour qui ramassent des pesos. La dernière fois ils étaient dans des canots mais aujourd’hui ils nagent. Les gens lancent des pesos et ils plongent pour les récupérer. Quand la pièce de monnaie touche l’eau elle descend lentement en zigzaguant. Ils l’attrape, remontent à la surface, nous la montre, la mettent dans leur bouche et sont prêts pour un autre plongeon. Il y a même un bébé sur un styrofoam avec eux. Selon un passager près de moi, il semble qu’ils sont classés parmi les meilleurs nageurs au monde. Ça vaut bien quelques pesos pour les voir à l’oeuvre.
Les nageurs plongent pour aller chercher les pesos lancés par les
passagers durant les manoeuvres d'accostage du bateau.

La petite fille de John John a trouvé la traversée
plutôt fatiguante ... hehe. Elle pique donc un
petit roupillon dans le minivan.
Le beau-père de Denis nous attend au port d’Iligan et me laisse à l’hôtel en ramenant les autres à la maison. Le temps de faire mon check-in et de déposer mes valises, ils viendront me chercher en mini-van pour aller dans un pique-nique. J’ai une nouvelle chambre mais sur le même étage. Il y a l’eau chaude mais il faut laisser couler l’eau pendant dix minutes avant qu’elle n’arrive. Je m’arrangerai avec ça … je commence à avoir l’habitude des hosties de problèmes.

DÉPART POUR ILIGAN CITY

Paz m’a dit ce matin qu’elle demanderait à sa sœur de réserver une chambre pour moi au ELENA TOWER INN à Iligan city. Le bateau part à 7h30 ce soir et il faut être prêt. On fait nos bagages et on s’en va au SM. Le centre d’achat n’est pas très loin du port et on peut mettre nos bagages en consigne.
Magasinage oblige j’achète enfin un petit calepin de poche. Jusqu’à aujourd’hui j’écrivais mon blogue de mémoire. Après quelques jours je ne me souvenais pas toujours ce qui était arrivé. À partir de maintenant je prendrai des notes.
L’histoire de l’embarquement se répète. On est finalement à la dernière minute. On laisse de la pizza à Margie pour amener à ses enfants (elle en a quatre : 14, 12, 10 et 3 ans) et on cale notre dernier verre de vin. Je laisse Margie en plan. Elle ne vient pas avec nous car elle a son rendez-vous avec la dentiste demain.
On est en classe touriste encore. On pourrait payer 100 pesos moins cher dans des couchettes dehors mais l’air climatisé est très apprécié. J’ai finalement dormi. Environ 5 heures de sommeil. Je me suis réveillé pour l’accostage à Ozamiz et voir le lever du soleil.
Des dizaines de couchettes bien enlignées et très jolies attendent les
passagers de la classe touristes. Daniel est maintenant un habitué.

Sur le pont arrière il y a une cantine et un karaoke. Quand je ne dors
pas c'est là que je passe mon temps.

Le lever du soleil à Ozamiz.
Le paysage ici est de toute beauté. Des montagnes entourent la ville et les sommets semblent inatteignables. On a l’impression que personne n’est jamais monté si haut. J’ai pris des photos mais elles ne peuvent rendre la grandeur, la majestuosité (nouveau mot) et la profondeur de ce qu’on voit. Non plus l’expérience qu’on est en train de vivre avec les odeurs de la mer et du fuel. On n’entend pas les sons tels les bruits de moteurs, le sifflet du bateau, les sirènes de police au loin. On ne voit pas la vie autour tels les enfants qui courent, les travailleurs qui sortent les containers, les passagers qui se déplacent et les filipinos qui s’égosillent au karaoke. Tout ça à la lumière orangée d’un soleil qui se lève. C’est comme voir des photos de la tour Eiffel et être là, devant elle, à la contempler. Bref, il faut vivre le moment présent et je me sens privilégié d’être ici.

samedi 12 février 2011

L’IMMIGRATION

Mon visa est bon jusqu’au 19 février mais il faut le renouveler pour un autre 59 jours et ce, 11 jours avant son expiration. On est mardi le 8 février alors c’est le temps. Denis m’accompagne donc au bureau d’immigration pour obtenir une extension. Formulaire à remplir. Guichet un, puis guichet deux. Je n’ai pas trop bien tout compris mais il a fallu que je paye 7486 pesos soit disant parce que c’était mon premier renouvellement. La prochaine fois ça me coûtera 2800 pesos seulement. C’est presque 200$ que je n’ai pas. Denis et moi on met tout ce qu’on a et ça donne 7500 pesos. On est bon. Je lui rembourserai sa participation dès que nous serons au SM.
Dans le but de perdre notre bedaine, on décide de marcher jusqu’au SM. Une très longue marche. On a dû arrêter en chemin pour caler une bouteille d’eau. Ces marches nous font découvrir plein d’endroits que nous n’aurions pas vus en taxi et nous font perdre quelques onces on espère.
Je crois que c'est le pire endroit que j'ai pu voir à date. L'odeur
est atroce. C'est un égoût à ciel ouvert. Ces endroits sont éliminés
lentement et font place à des complexes modernes.

Pas besoin de lui dire de se servir de sa tête ...

- "Mon internet ne fonctionne pas"
- "D'accord monsieur on envoie une équipe, soyez patient, très patient"
-"!!!"
Rendus au SM Paz fait l’achat des billets de bateau pour notre retour à Iligan (tout près de 1000 pesos ou 25$). On décide d’aller souper à la maison.
On n’a rien trouvé en chemin alors Denis et moi on part pour chercher le souper. Un kiosque pas loin, celui qui vend des pattes de poulets, ne nous donne pas confiance parce que les fourmis se promènent sur la viande. On va donc se faire … une salade.
On achète plein de choses pour mettre dedans mais on ne sait pas trop ce qu’on achète. Arrivés à la maison Paz nous dit qu’une des salades doit être cuite. On utilisera l’autre. On nettoie, on coupe tout et on met ça ensemble avec du vinaigre et de la mayonnaise. Denis et moi on mange tout mais en faisant des grimaces. C’est pas extra mais l’important c’est qu’on a plus faim.
Margie et Paz sont devenues de grandes amies et passent beaucoup de temps ensembles. Je suis gâté et Denis aussi puisqu’elles font le lavage et préparent les repas.

LA DENTISTE

On se lève et Paz me dit que ce serait bien que Margie voit sa dentiste car elle a des maux de dents terribles. J’accepte donc car je ne peux la voir souffrir. Elle prend rendez-vous pour nous. J’ai un problème je suis trop sensible. Comment puis-je la laisser aller avec ces dents qui lui font mal ? Le feriez-vous ?
On prend donc un taxi pour aller au rendez-vous. La dentiste est très charmante et semble très compétente. Elle fait rapidement son diagnostique :
-         Besoin urgent d’un nettoyage
-         Sept dents sont brisées ou irrécupérables et doivent être enlevées
-         Besoin de nouvelles dents pour combler les trous
J’accepte les deux premiers traitements. Elle fait un nettoyage pour commencer et fera l’extraction des dents dans un deuxième temps jeudi prochain. Le coût est de 5900 pesos (environ 140$). Je paye ces deux traitements immédiatement. L’estimation pour les nouvelles dents est d’environ 8000 pesos soit 200$. Je trouve ça pas cher. Elle procède donc au nettoyage pendant que je vais au guichet et que je prends un café latté dans un petit café en face de l’université, le genre d’endroit où je n’aurais pas été surpris de rencontrer Catherine. Le tout terminé nous retournons au SM où Denis nous attend.
Durant la soirée le voisin et ses invité sont installés dans la rue en prenant une bière (plutôt deux ou trois ou ….). Au Québec on appellerait ça une beuverie. Il est avec son beau-frère et le beau-frère de son beau-frère hic … Ce sont des marins. On a parlé d’expériences qu’ils ont eues durant leurs voyages incluant les pirates et les villes visitées. Y’a des places où c’est vraiment dangereux comme Hanoi au Vietnam. Ils sortent en gangs habituellement.
Au centre ville (city proper) en face du bureau de la dentiste.

Paz et la voisine Tchin-Tchin préparent des épices pour le prochain repas. La
maison de Mildred (frère de Paz actuellement à Riyad en
Arabie Saoudite) où on demeure c'est celle du milieu.
Nous vivons dans une espèce de communauté fermée avec des gardiens à l’entrée. Il y a eu un vol à main armée près du terrain de basket où on prend les tricycles. Les policiers font le tour en vélo et posent des questions. Sol (le voisin) est très contrarié. Je vais quand même me coucher les laissant terminer les deux grosses bières qui restent.