jeudi 3 mars 2011

JE RESTE PRÈS DE L’HÔTEL

On est samedi le 19 février. Après le déjeuner j’appelle Denis qui est vraiment pris d’une gastro. On prévoit un retour à Cebu Mardi soir par bateau. Il me parle quand même de 2012. Ça le fascine. 21 décembre 2012. La terre changera de pôles créant des tsunamis gigantesques. Réduction significative de la population terrestre et tout et tout. La ligne a coupée alors j’ai dû aller acheter un autre « load » de 500 pesos dans une petite boutique. Tout le monde a un cellulaire donc, tout le monde vend du temps d’accès. On peut voir ces affiches partout : « Load na dito, Smart buddy ». Y’en a d’autres sortes aussi mais c’est la plus populaire.
Pendant que je suis dans la boutique il y a deux types qui m’abordent. Ils font partis du FBI Philippin me disent-ils. Il y aurait eu un enlèvement à Cagayan de Oro et c’est le branle bas de combat. Les enleveurs seraient en négociation avec l’ambassade des États-Unis pour une rançon de 10 000 000. Ça doit être des dollars.
Je pensais marcher jusqu’au port aujourd’hui mais je ne sais pas, je ne suis pas du genre peureux mais je n’ai pas un bon pressentiment. Il vente beaucoup aussi et il se met à pleuvoir. Raisons de plus.
Même s'ils ne sont pas très propres ils sont quand même très polis ...

- Ça doit pas être facile de trouver le problème hein ?
- Il n'y a pas de problèmes. On ajoute un autre fil.
- Huh ...
 Je suis allé prendre un verre en bas de l’hôtel et j’y ai rencontré Antonio. L’autre c’était Bayani ainsi que Elmer. Elmer c’est une plaie ici. C’est le quêteux par excellence. Il est super maigre et tout le monde le connaît. Il est toujours là pour tendre la main. Je lui ai payé une bonne bière. Il était content mais ce n’était pas assez. Il voulait aussi des cigarettes et, étant donné que je suis parti tôt (8h00), il n’a pas eu le temps de me quêter un souper aussi.
Un petit tour au salon de massage. Je suis allé manger un petit quelque chose chez Jollibee avec ma masseuse Mae qui a 21 ans hehe et j’ai fais quelques pas avec elle pour son retour à la maison. On a rendez-vous demain matin à 9h00 en face du Chowking. Elle m’emmènera chez elle voir ses parents, son bébé, ses frères, ses sœurs, ses tantes, alouette.

vendredi 18 février 2011

MA GANG DE MALADES

Une chance que j’ai ce blogue parce que je perdrais facilement la notion des journées et des dates. On est vendredi le 18 février et j’appelle Denis pour savoir comment s’est passée la nuit. Il semble qu’il a la gastro lui aussi. Maudit chanceux. Il va perdre au moins une partie de sa bedaine car j’ai vue Paz hier et elle a perdu beaucoup de poids. Daniel y a laissé sa graisse de bébé aussi.
Ce sera donc de l’ordi encore aujourd’hui. Pour tout dire, je ne file pas très bien moi non plus. Je ne crois pas que ce soit la gastro mais plutôt la grippe qui m’enlève mon énergie. J’ai dormi une partie de la journée. Je suis seulement allé au Mini-Mart pour prendre deux Tanduay Ice. Je n’ai même pas faim. Quelques pinottes et c’est tout.
Je suis à l’étape du crachage. C’est la seule façon de m’en sortir. On verra demain …

ENCORE DES STEAKS

Jeudi le 17 février. Il faut que j’aille chercher des sous. J’ai vu un guichet non loin de l’hôtel alors je m’y rends. Ils ne prennent pas les cartes internationales et pas de possibilités de retirer au comptoir, même avec mon passeport. Je prends donc un jeepney qui m’emmènera à la BDO où je suis sûr que ça fonctionne. Ils chargent 200 pesos (5$) par transaction.
Je reviens à pieds et me rends chez Paz. Très longue marche. Sur mon chemin je vois un tout petit chien dans le fossé pluvial. Il ne bouge pas, il grelotte et me regarde avec des yeux à te faire craquer. Il est à moitié dans l’eau et cette partie est verdâtre. Il est sûrement là depuis longtemps. Je ne sais pas quoi faire mais, en tout cas, pas question de le laisser dans l’eau. Le seul moyen de le sortir est de mettre un pied dans l’eau. Ah non pas encore. Va falloir faire sécher mes sandales de nouveau. Allez. Le pied dans l’eau j’approche la main pour l’agripper par le cou et whaaarff … il a failli me croquer la main. Peut-être il est blessé et ne veut pas qu’on le touche. J’ai essayé plusieurs stratagèmes mais rien à faire, il veut me bouffer la main. Ben coudon, reste là. Et je suis parti avec un pied mouillé. Ça faisait flouch floc flouch floc flouch floc …
Après mon séjour chez Paz je quitte en prenant un jeepney (j’ai été chanceux qu’il passe). Paz était partie chez le médecin.
Je suis finalement à l’hôtel et j’attends l’ascenseur. Le téléphone sonne. C’est Denis. « Viens t’en Paz a ramené des steaks. Mais des bons cette fois-ci car ils proviennent d’Australie. John va aller te chercher. Amène les bouteilles de vin ». Avec sa fille on est trois sur la moto et on retourne d’où je viens. Ils étaient bons en ta. On s’est payé toute une traite et on a même vidé les deux bouteilles de vin. En plus il reste des steaks. On se fera une autre bouffe sous peu.
Le petit chien est dans le fossé et il n'y a rien à faire pour
le sortir de là.

Denis pose fièrement avec ce steak Australien qui
s'est avéré ... un délice.

L'équipe de chanteurs ... hic. Des amis pour une soirée. Antonio est
à droite.

John me ramène dans la soirée. Dans la chambre je m’aperçoit que je n’ai plus de Sprite pour mon gin alors je descends en bas pour en acheter. « Not abélébolle », « Aaaargh ». Y’a une chanson qui joue au karaoke mais le chanteur n’a pas une voix très puissante. Je sors la mienne et on finit par me refiler le micro. « Viens t’assoir ». J’ai finalement passé la soirée à chanter avec eux. Antonio (63 ans), un employé de l’Université, a bien pris soin de moi tout le temps afin que je ne manque pas de bière. On était cinq et ça m’a coûté 8 grosses bières « Red Horse » pour la gang. Ils opéraient pas mal car ils en ont payé eux aussi. J’étais un peu pompette quand je suis sorti de là mais j’avais juste l’ascenseur à prendre. Antonio m’a laissé son numéro de téléphone en me disant que je peux l’appeler n’importe quand si j’ai besoin de quelque chose.
Après tout ça, j’ai passé une très bonne nuit.

MICHAELA DE RETOUR

Mercredi. Bon. Qu’est-ce que je fais. J’ai faim maintenant. Je vais au centre d’achat manger une pizza. Vous vous souvenez avec des oignons ? Ben j’ai demandé la même chose mais pas d’oignons. Savez-vous quoi ? ben je l’ai eu. Y’a plus de croûte qu’autres choses mais c’est bon. Ça fait changement avec le poulet.
Le voilà le prix de l'essence. Ils mettent généralement
du super pour soit disant protéger leur investissement.
À 42 pesos par dollar ça fait 1,26$ le litre.


La fameuse Iglesia Ni Cristo derrière mon hôtel. Eux
ils sont riches

Michaela n’arrête pas de me texter et de me téléphoner. Je veux l’éloigner mais ça marche pas. Je ne réponds pas. Je vais donc manger ma pizza. En revenant je décide d’aller voir l’église qui se trouve derrière l’hôtel. Je m’aventure donc dans les petites rues transversales. J’ai dû demander mon chemin parce que, des fois, y’a plus de rues. « Oh vous passez entre les maisons ici et tournez à gauche ». Une vraie grosse trappe à rat. La chienne me pogne mais je continue. Ça débouche enfin (Je n’avais pas pris la bonne rue transversale). J’ai pris une photo de l’église, ma récompense. Il y a un petit kiosque sur le coin avec une femme qui me dévisage. Allez j’y vais. Je commence à parler avec eux dont Félix. Je demande à la femme si elle est mariée et tout le monde s’esclaffent. Oui bien sûr et elle a 4 enfants. Bon d’accord. Je veux voir le bord de la mer. Félix m’y amène. J’étais trop gêné pour prendre des photos. Quel beau bord de l’eau gaspillé. Des taudis sur pilotis. Des détritus partout et une odeur d’urine pas trop discrète. Une gang de gars joue aux cartes avec plein de pesos sur la table. Une chance que Félix est là. Il me présente comme son ami. On échange quelques mots et on vire de bord. La femme nous a suivi tout le long. Des papas me montrent leur fille me disant qu’elles sont « abélébolle ». De retour sur la rue je quitte mon guide pour revenir seul sain et sauf. Fiou. Je ne viendrais pas ici le soir.
Dans ma chambre le téléphone sonne. C’est Michaela et Denis. Ils sont sur la Tanduay Ice et ça a l’air le fun là-bas. Je voudrais bien y aller mais il est déjà tard, y’a pas de bus et c’est un autre trajet que j’éviterais de faire à la noirceur. Elle pensait que j’étais là. Elle s’en vient donc à l’hôtel pour me dire qu’elle m’aime. Elle est avec sa tante Jen et sa fille tsé veut dire ? Finalement, après une discussion pleurante pour elle, le plan est de retourner à la maison chercher des choses et elle passera la nuit ici. En chemin elles me quêtent un souper, nous prenons des Tanduay Ice et elles partent sans moi. Michaela n'est jamais revenue. Faut quand même être mentense et pas être gênée. Mais je m’en fout.
Notes aux lecteurs :
Quand vous lisez mes histoires commencez par celle qui suit la dernière que vous avez lue et remontez vers le début sinon vous allez reculer dans le temps et c’est moins intéressant.
J’essaie de mettre le plus de photos possible mais des fois, j’en ai pas où, celles que j’ai sont hors contexte.

LE STUDIO DE MASSAGE

Mardi le 15 février je décide d’aller donner un coup de main à Denis qui en a plein les bras avec Daniel qui ne veut que lui.
Je me lève les yeux à demi fermés et qu’est-ce que je vois ? han han vous le savez pas hein ? des dizaines de fourmis (encore) sur ma Tanduay Ice que j’ai échappée hier. La moitié sont saoules et seront faciles à tuer donc, avec la tapette à mouches électrique, c’est un autre massacre.
Avant de me rendre chez Paz je passe au centre d’achat GAISANO (à Cebu ça s’appelle GAESANO … huh … je ne sais pas pourquoi). J’ai acheté pleins de babioles comme deux bouteilles de vin pour les soirées plates et du papier de toilette pas de carton … hehe pour me moucher. C’est un rouleau mais avec pas de carton dans le centre. C’est comme un hamburger avec pas d’oignons ta pognes tu ? J’ai acheté aussi du bouillon de bœuf pour les malades. Je me rends ensuite chez Paz et j’y passe l’après-midi.
Je prends la décision de revenir tôt parce que Denis est toujours fatigué et qu’il fait encore clair. Il est seulement 16h00 alors je vais prendre une Tanduay Ice. Y’en a plus. Samedi prochain seulement. Il y a un autre bar pas loin que je voulais essayer alors c’est le temps. Quand j’arrive c’est fermé mais c’est voisin avec un studio de massage. Hmmm. Depuis le temps que je veux essayer ça. Les filles viennent me chercher dehors et la plus entreprenante s’appelle May. Je prends rendez-vous pour dans une heure. May m’accompagne sur le chemin du retour me disant qu’elle n’est pas heureuse avec son chum. Bla bla bla. Anyway.
Je reviens une heure plus tard. Ils enlèvent nos gougounes … hehe et nous en donnent d’autres … hummm. Ensuite c’est le bain de pieds. Puis on monte à l’étage. Déshabillage complet on doit mettre une culotte spéciale très élastique. On monte sur la table sur le ventre. Et là elle commence. Tapote ici, tapote là, frotte ici, frotte là. Tous les membres y passent. Elle monte même sur moi pour faire le dos. Assise sur mon derrière avec ma culotte baissée à demie … hummm … j’ai hâte qu’elle me vire de bord. Vient enfin ce moment. Même chose. Tapote ici, tapote là, frotte ici, frotte là. Mais l’essentiel, lui, pas de frottage. Les culottes ont quand même une fente devant. Elle me dit « le massage est terminé monsieur ». Elle me demande si je veux un verre d’eau ou un cocktail spécial aux herbes. Je choisi le cocktail pendant que je caresse son doux postérieur pensant qu’elle va réagir. Rien. Elle ramène mon cocktail et une serviette d’eau chaude. Moi, pas vite, je ne comprends pas. Pourquoi une serviette d’eau chaude ? Ça doit être pour enlever l’huile … hehe. Je ne peux quand même pas tout vous conter. Ah oui. Combien pour ce laisser-aller qui a duré une heure ? 250 pesos ou environ 6$. Je vais peut-être récidiver finalement.
Je suis bien relaxé maintenant alors c’est le dodo car ma grippe me fatigue aussi.

LA GRIPPE

Lundi le 14 février, avec quoi pensez-vous que je me suis levé ? Ah c’est pas juste vous l’avez lu dans le titre. Je me suis levé deux fois cette nuit et j’ai pris des shots de gin pur. Ça m’a fait grimacer. Je pensais que ça serait fatal et que je tuerais la grippe dans l’œuf. Ça n’a pas marché … ben coudon on va encore cracher pour dix jours. La marche dans l’eau d’hier y est sûrement pour quelque chose.
Ça fait exactement deux mois que je suis aux Philippines et c’est la St-Valentin. Ils fêtent ça ici aussi. Des ballounes en forme de cœur partout.
Je vais quand même chez Jollibee pour mon déjeuner aux crêpes. Pas de café ce matin. « It is not abélébolle ». Ma gang de malade. Ils n’ont que ça à surveiller, s’il reste du café. Batard dans quel pays chu tombé ? Pendant que je mange je regarde dehors et je vois le même chien que d’habitude qui arrive, se couche près de la colonne, fait semblant de dormir, s’ouvre un oeil et attrape quelques mouches qui en veulent probablement à son odeur puis il s’en va. Ça me fait penser au film d’hier (Hachiko) avec Richard Gere. Il trouve un chien dans une gare et l’amène chez lui et finit par le faire accepter par sa femme. Lui il doit prendre le train tous les jours pour aller travailler. Un jour, le chien s’évade et va le rencontrer à la gare. Ne sachant plus comment contrôler ses évasions il le laisse faire. Tous les jours le chien va l’attendre au même endroit à la gare et la vie est belle. Sauf que, après plusieurs années de ce stratagème, le gars meurt. Même si la famille l’amène dans une autre ville, le chien revient toujours au même endroit et attend son maître. Pendant des années ce sont les employés de la gare qui viennent le nourrir et lui faire des câlins. Après 10 ans, la femme revient et voit le chien qui attend encore. C’est la passe crève-cœur. Le chien finit par mourir plus tard … au même endroit. C’est une histoire vraie. Pendant que je l’écrit j’ai le moton, imaginez. Ils ont fait un bronze du chien à l’endroit où il attendait. C’est japonais. Vous pouvez voir son histoire sur Wikipedia.
J’ai dormi une bonne partie de la journée parce que je crois que j’étais fiévreux. À l’heure du souper je sors dehors pour trouver un endroit mais rien ne me tente. Je décide donc … d’acheter deux Tanduay Ice dont une ouverte pour la chambre que je siroterai en mangeant des chips et des biscuits. Quand j’entre je veux me débarrasser de mes paquets mais le parapluie s’est emmêlé dans l’anse de mon sac. Intelligent comme je suis, je fais des pirouettes pour démêler ça mais la Tanduay Ice ouverte se trouve à l’envers et coule sur le plancher. J’essuie un peu mais pas trop car je ne veux pas gaspiller tout le papier de toilette si rare ici.
Vue de ma chambre d'hôtel une journée de pluie.
Aujourd’hui j’ai c’est la première fois que je me suis demandé si je resterais jusqu’au premier juin. Le mal du pays me pogne et je pourrais avancer mes rénovations avec l’argent que je dépense ici. Quoique ça coûte pas très cher. De plus, je me demande si ce que je cherche n’est pas tout simplement près de moi, chez nous, à Laval. Peut-être que louer le condo juste pour un mois serait aussi une possibilité. Enfin on verra.

LES STEAKS SUR CHARCOAL

On est maintenant Dimanche le 13 février. J’ai mangé mes crêpes chez Jollibee comme d’habitude. Denis m’appelle pour me dire que Paz et Daniel ont une gastro. Ils ont sorti ce qu’ils avaient mangé et ce, par les deux bouts toute la nuit. Daniel est difficile à supporter. Il a sûrement mal partout lui aussi. Je lui propose des gastrolytes mais il refuse.
Denis, lui, il n’a pas bien dormi mais a donné à John John de l’argent pour aller chercher des steaks chez le boucher. On est Dimanche n’est-ce-pas ? Il est revenu avec toute une pièce de viande. 2000 pesos. Il a tout dépensé. Denis a hâte que j’arrive pour débiter ça en steaks. Il a Daniel dans les bras et ne peut le faire lui-même.
Quand je suis arrivé une partie avait été dépecée. Pendant que je découpe Denis prépare le charcoal. On en fait pour tout le monde. Finalement le merveilleux steak est dur comme de la roche. La vache a dû voir venir le gars avec sa hache. Le seul moyen de manger ça c’est en fondue. Il faudra que j’invite Denis et Paz un de ces jours.
La pluie a recouvert toute la chaussée. Même les accotements sont
imbibés. Pas le choix ... faut marcher au centre.
Denis est fatigué comme ce n’est pas possible alors je tire ma révérence pendant qu’il fait clair et que la pluie est arrêtée. Après tout John n’est pas là pour me ramener. Il est à Cebu pour aller chercher sa femme. Pendant le trajet la pluie recommence. J’ai mon parapluie mais je ne l’ouvre pas. Je suis déjà mouillé à l’os. De plus, la pluie déborde des égouts pluviaux et il y a deux pouces d’eau sur la route à plusieurs endroits. Pas le choix, faut passer dedans. Y’a plein de monde qui me demandent pourquoi je n’ouvre pas mon parapluie. Pourquoi ? Je dégoute et la pluie est chaude. « I’m singing in the rain … ».
Je fais tout sécher, je fais de l’ordi, j’écoute un film à la télé (Hachiko) et hop au dodo.